Niveaux de diplômes et certifications : ancienne nomenclature I à V, niveaux 3 à 8 et RNCP
Comprendre la correspondance entre l’ancienne nomenclature française, les niveaux actuels du cadre national des certifications professionnelles, les diplômes de licence, master et doctorat, le RNCP et le cadre européen, ainsi que la notion d’expertise, d’autonomie et de responsabilité associée aux niveaux de qualification.
Les expressions « niveau I », « niveau II », « niveau III » sont encore très fréquemment utilisées dans d’anciens statuts, offres d’emploi, fiches de poste, dossiers de carrière et documents administratifs. Elles correspondent à une nomenclature datant de 1969 qui a été remplacée par le cadre national des certifications professionnelles instauré en 2019.
Cette réforme ne constitue pas seulement un changement de numérotation : le niveau d’une certification est désormais apprécié au regard de la complexité des savoirs, du niveau de technicité des savoir-faire et du degré de responsabilité et d’autonomie.
L’ancienne nomenclature française des niveaux I à V
Pendant plusieurs décennies, les diplômes et certifications ont été classés selon la nomenclature de 1969, allant du niveau V au niveau I.
Cette nomenclature reste encore présente dans de nombreux documents anciens, notamment dans la Fonction publique hospitalière.
Correspondance entre l’ancienne nomenclature et les niveaux actuels
| Ancienne nomenclature | Cadre actuel | Repère de diplôme | Niveau d’études généralement associé |
|---|---|---|---|
| Niveau I | Niveau 8 | Doctorat, habilitation à diriger des recherches | Bac + 8 et plus |
| Niveau I | Niveau 7 | Master, DEA, DESS, diplôme d’ingénieur | Bac + 5 |
| Niveau II | Niveau 6 | Licence, licence professionnelle, BUT, maîtrise | Bac + 3 / Bac + 4 |
| Niveau III | Niveau 5 | BTS, DUT, DEUG, DEUST | Bac + 2 |
| Niveau IV | Niveau 4 | Baccalauréat, BP | Bac |
| Niveau V | Niveau 3 | CAP, BEP | Infra-baccalauréat |
Les niveaux actuels de qualification : du niveau 8 au niveau 3
Le cadre national des certifications professionnelles comprend huit niveaux de qualification. Dans la pratique des métiers et diplômes professionnels, les niveaux 3 à 8 sont les plus fréquemment rencontrés. Pour faciliter la lecture des qualifications les plus élevées, le tableau ci-dessous est présenté du niveau 8 au niveau 3.
| Niveau | Repère courant | Caractérisation synthétique |
|---|---|---|
| 8 | Doctorat | Savoirs à la frontière la plus avancée, recherche, innovation, création de connaissances et très forte autonomie |
| 7 | Master / ingénieur | Savoirs hautement spécialisés, stratégie, recherche, innovation et forte responsabilité |
| 6 | Licence / BUT | Maîtrise avancée, gestion d’activités ou projets complexes |
| 5 | BTS / ancien DUT | Technicité spécialisée, analyse et résolution de problèmes |
| 4 | Baccalauréat | Activités nécessitant une capacité d’adaptation et une autonomie accrue |
| 3 | CAP / BEP | Exécution qualifiée dans un contexte connu |
Le niveau d’une certification ne dépend pas seulement du nombre d’années d’études
Le Code du travail prévoit trois critères permettant de déterminer le niveau de qualification associé à une certification professionnelle.
Licence, master, doctorat : quels niveaux ?
Niveau 8
Doctorat HDRLe niveau 8 correspond au doctorat. Il caractérise la mobilisation des savoirs les plus avancés, la capacité à résoudre des problèmes critiques de recherche ou d’innovation et la production de nouvelles connaissances.
Niveau 7
Master Diplôme d’ingénieur DEA / DESSLe niveau 7 correspond notamment au grade de master. Il est associé à des savoirs hautement spécialisés, à la résolution de problèmes complexes, à la recherche ou à l’innovation, ainsi qu’à des responsabilités importantes.
Niveau 6
Licence Licence professionnelle BUTLe niveau 6 correspond notamment au grade de licence. Il atteste des connaissances approfondies et de la capacité à gérer des activités ou projets techniques ou professionnels complexes.
Ancien niveau I
L’ancien niveau I ne doit plus être interprété comme un niveau unique. Depuis 2019, il est réparti entre le niveau 7 et le niveau 8.
Qu’est-ce que le RNCP ?
Le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) recense les certifications qui conduisent à un métier. Il comprend notamment des diplômes et titres à finalité professionnelle ainsi que certains certificats de qualification professionnelle.
Chaque fiche RNCP permet notamment d’identifier :
- l’intitulé de la certification ;
- son niveau de qualification ;
- le ou les certificateurs ;
- les compétences et blocs de compétences ;
- les secteurs d’activité et emplois visés ;
- la période de validité de l’enregistrement.
Diplôme national, diplôme universitaire (DU), titre et certification RNCP : quelles différences ?
| Type | Nature | Niveau RNCP automatique ? | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Diplôme national | Diplôme reconnu par l’État | Selon le diplôme | Licence, master et plusieurs diplômes nationaux sont enregistrés au RNCP |
| Diplôme universitaire (DU) | Diplôme propre à un établissement | Non, pas par principe | Il faut vérifier séparément s’il existe un enregistrement RNCP ou une reconnaissance particulière |
| Titre à finalité professionnelle | Certification professionnelle | Seulement s’il est effectivement enregistré | Vérifier numéro RNCP, niveau, certificateur et validité |
| Certification du Répertoire spécifique | Compétence ou habilitation complémentaire | Non | Ne pas lui attribuer automatiquement un niveau global de qualification |
Cadre français et cadre européen des certifications
Le cadre national français a été conçu de façon à permettre des correspondances avec le Cadre européen des certifications (CEC / EQF).
Le cadre européen comprend lui aussi huit niveaux et repose sur trois dimensions :
- les savoirs ;
- les aptitudes ;
- la responsabilité et l’autonomie.
Le CEC sert de grille de traduction entre les systèmes nationaux afin d’améliorer la lisibilité et la comparabilité des qualifications en Europe.
Niveau de qualification et notion d’expertise
Le cadre national permet une lecture particulièrement utile des métiers scientifiques, techniques, de recherche et d’expertise.
Plus le niveau augmente, plus la certification atteste généralement :
- la mobilisation de connaissances complexes ou hautement spécialisées ;
- la capacité à analyser des situations nouvelles ou imprévisibles ;
- la conception de solutions, méthodes ou procédures ;
- l’innovation et, aux niveaux les plus élevés, la production de connaissances ;
- une autonomie professionnelle accrue ;
- des responsabilités de décision, de pilotage, d’expertise ou de recherche.
Pourquoi ces niveaux sont-ils importants dans la Fonction publique hospitalière ?
Dans la FPH, les niveaux de diplômes et de certification peuvent intervenir notamment dans :
- les conditions d’accès à certains concours ou corps ;
- l’appréciation des qualifications requises pour un recrutement ;
- la comparaison entre anciens et nouveaux diplômes ;
- l’analyse d’une fiche de poste ;
- la description du niveau réel d’expertise et de responsabilité d’un emploi ;
- la négociation ou la réévaluation de la rémunération d’un agent contractuel ;
- la valorisation d’une expérience professionnelle ou scientifique.
Contractuels : quand le diplôme et le métier sont invoqués à géométrie variable
Cette vidéo du SNSH illustre une difficulté fréquemment rencontrée par les agents contractuels : selon la situation, l’administration peut soutenir que « ce n’est pas le diplôme qui compte, c’est le métier exercé », puis retenir dans un autre contexte un raisonnement inverse dans lequel le diplôme devient déterminant.
Cette contradiction apparente montre pourquoi il faut distinguer niveau de diplôme, certification, métier réellement exercé, niveau d’expertise, autonomie, responsabilités et rémunération. Aucun de ces éléments ne doit être isolé artificiellement des autres lorsqu’on analyse la situation professionnelle d’un contractuel.
Mais le niveau de qualification reste un élément objectif de comparaison
Pour éviter précisément ce type de raisonnement à géométrie variable, il faut confronter plusieurs éléments objectifs. Lorsqu’un agent exerce des fonctions complexes exigeant une expertise élevée, une forte autonomie, des responsabilités importantes ou des compétences de recherche et d’innovation, les descripteurs des niveaux 6, 7 ou 8 peuvent constituer un élément d’analyse pertinent pour apprécier la cohérence entre :
- la qualification détenue ;
- les fonctions réellement exercées ;
- le niveau de responsabilité ;
- le classement ou le cadre d’emploi proposé ;
- et, pour les contractuels, les éléments ayant servi à déterminer la rémunération.
Pages SNSH à consulter également
Comment vérifier officiellement le niveau d’un diplôme ou d’une certification ?
- Identifier précisément le diplôme ou le titre : intitulé exact, établissement et année d’obtention.
- Rechercher la certification dans le RNCP : vérifier le numéro de fiche, le niveau, le certificateur et la période de validité.
- Pour un ancien diplôme : utiliser la table de correspondance de 2019 et vérifier, lorsque cela est nécessaire, le classement précis de la certification concernée.
- Ne pas confondre diplôme national et DU : un diplôme d’université doit faire l’objet d’une vérification spécifique.
- Pour les concours ou recrutements publics : contrôler ensuite le statut particulier ou le texte de recrutement, car le niveau RNCP ne remplace pas les conditions statutaires.
Rechercher une certification sur le site officiel de France compétences →
Textes et références officielles
- Décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 relatif au cadre national des certifications professionnelles .
- Code du travail – articles D. 6113-18 à D. 6113-20 .
- France compétences – Cadre national des certifications professionnelles .
- France compétences – Répertoire national des certifications professionnelles .
- Ministère de l’Enseignement supérieur – nomenclature relative au niveau de diplôme .
- Recommandation du Conseil du 22 mai 2017 relative au cadre européen des certifications pour l’apprentissage tout au long de la vie .