Ségur de la Santé : les 25 propositions du SNSH pour les scientifiques, techniques et contractuels de la FPH
En juin 2020, le SNSH CFE-CGC adressait aux pouvoirs publics une contribution comportant 25 propositions sur la rémunération, les carrières, les contractuels, la recherche hospitalière, les diplômes et les métiers scientifiques. Six ans plus tard, plusieurs revendications ont connu des avancées, d’autres restent ouvertes, et certaines doivent être relues à la lumière des réformes intervenues depuis.
Le texte ci-dessous conserve les revendications formulées en 2020, mais distingue clairement ce qui relevait alors d’une proposition syndicale de ce qui constitue aujourd’hui le droit applicable. Cette distinction est indispensable : plusieurs mesures réclamées par le SNSH n’ont jamais créé de droit automatique pour les agents.
Document adressé en 2020 aux interlocuteurs institutionnels.
À qui le SNSH avait-il transmis ses propositions ?
Dans le cadre du Ségur de la Santé, le SNSH avait adressé sa contribution notamment aux acteurs institutionnels de la santé et du dialogue social : instances régionales, Conseil économique, social et environnemental, agences régionales de santé et ministère chargé de la Santé.
L’objectif était de faire entendre les catégories souvent moins visibles dans le débat hospitalier : personnels scientifiques, techniques, de recherche, d’ingénierie, d’expertise et agents contractuels de la Fonction publique hospitalière.
Ce que les réformes intervenues depuis 2020 ont changé
Les 25 propositions du SNSH : texte de 2020 et situation en 2026
1. Alignement des contractuels sur des références de rémunération cohérentes avec les titulaires
2. Une véritable progression salariale pour les contractuels
3. Des référentiels nationaux de rémunération pour les métiers émergents
4. Sécuriser les emplois durablement financés sur des crédits dits « non pérennes »
5. Ouvrir davantage la titularisation aux agents financés sur crédits non pérennes
6. Égalité d’accès aux primes et meilleure cohérence entre titulaires et contractuels
7. Faciliter les promotions de C vers B et de B vers A
8. Favoriser les mobilités transversales
9. Donner une portée réelle aux référentiels métiers
10. Harmoniser les règles d’emploi des personnels de recherche
11. Rattacher les nouveaux métiers à des références de rémunération cohérentes
12. Utiliser réellement le RNCP dans la reconnaissance des compétences
13. Revaloriser les agents titulaires d’un doctorat
14. Reconnaître les métiers scientifiques émergents
15. Passer les techniciens de laboratoire médical en catégorie A
16. Mieux inscrire le schéma licence-master-doctorat dans la FPH
17. Faire correspondre niveau de qualification et niveau de rémunération
18. Reconnaître les nouveaux diplômes obtenus en cours de carrière
19. Reconnaître les docteurs en sciences comme porteurs de projets de recherche
20. Faire évoluer certaines professions réglementées de biologie
21. Redonner aux docteurs en sciences biologiques des possibilités de validation d’examens
22. Reconnaître des équivalences ou passerelles de diplômes en biologie
23. Intégrer réellement les nouveaux métiers dans la FPH
24. Relancer la titularisation et reprendre réellement l’ancienneté contractuelle
25. Mieux représenter la diversité des métiers dans les instances de direction
Six ans plus tard : quelles propositions ont réellement avancé ?
la proposition n°15 relative aux techniciens de laboratoire médical a trouvé une traduction réglementaire concrète avec leur intégration en catégorie A en 2022 dans le prolongement du Ségur de la Santé.
D’autres avancées sont plus indirectes :
- meilleure reconnaissance juridique des critères de rémunération des contractuels ;
- réévaluation triennale encadrée de certaines rémunérations contractuelles ;
- reconnaissance statutaire explicite du caractère scientifique du corps des ingénieurs hospitaliers depuis 2024 ;
- nomenclature RNCP désormais stabilisée en niveaux 3 à 8 ;
- reconnaissance accrue de l’expérience doctorale dans la fonction publique.
Mais une partie importante du diagnostic posé en 2020 reste d’actualité : disparités entre établissements, hétérogénéité des contrats, absence de référentiels nationaux pour certains métiers, reconnaissance imparfaite de l’expérience et du doctorat, et faible lisibilité des trajectoires professionnelles des contractuels.
Contractuels : le point juridique essentiel en 2026
Le décret du 6 février 1991 applicable aux contractuels de la FPH précise en outre que la rémunération des agents en CDI doit être réévaluée au minimum tous les trois ans, notamment au regard des résultats de l’entretien professionnel ou de l’évolution des fonctions.
L’administration doit réexaminer la rémunération ; le texte ne crée pas un avancement automatique comparable à celui d’un fonctionnaire titulaire. C’est précisément l’une des limites que le SNSH continue de contester.
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Sources officielles et documentaires
- Contribution SNSH au Ségur de la Santé – 12 juin 2020.
- Code général de la fonction publique – rémunération des agents contractuels.
- Décret n° 91-155 du 6 février 1991 – article 1-2.
- Décret n° 2022-54 du 24 janvier 2022 – intégration notamment des techniciens de laboratoire médical en catégorie A.
- Décret n° 2024-52 du 30 janvier 2024 – statut des ingénieurs hospitaliers.
- Décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 – cadre national des certifications professionnelles.
Le fil conducteur du SNSH n’a pas changé
Depuis 2020, le SNSH défend la même exigence : des règles de rémunération transparentes, la reconnaissance effective des qualifications et de l’expérience, des carrières cohérentes pour les titulaires comme pour les contractuels, et une meilleure prise en compte des métiers scientifiques, techniques, de recherche et d’expertise dans l’hôpital public.