Démission du fonctionnaire hospitalier, abandon de poste et radiation des cadres

Fonctionnaires titulaires FPH

Démission du fonctionnaire hospitalier : abandon de poste, radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire

La démission d’un fonctionnaire hospitalier ne produit pas les mêmes effets qu’une démission dans le secteur privé. Elle doit être écrite, exprimer une volonté non équivoque et être acceptée par l’autorité investie du pouvoir de nomination. L’abandon de poste constitue une situation différente pouvant conduire à un licenciement et à la radiation des cadres.

Un fonctionnaire titulaire ne peut pas simplement « donner son préavis » et quitter son poste.

La démission n’est définitive qu’après son acceptation par l’autorité compétente. Tant que celle-ci n’est pas intervenue et que la date de cessation de fonctions n’est pas atteinte, le fonctionnaire reste soumis à ses obligations de service.

Cette page concerne les fonctionnaires titulaires de la fonction publique hospitalière .

1. Qu’est-ce que la démission d’un fonctionnaire hospitalier ?

La démission est l’acte par lequel le fonctionnaire demande à cesser définitivement ses fonctions et à perdre sa qualité de fonctionnaire.

Le Code général de la fonction publique exige que la demande :

  • soit écrite ;
  • traduise une volonté non équivoque de cesser les fonctions ;
  • soit acceptée par l’autorité investie du pouvoir de nomination.
La démission entraîne, lorsqu’elle est régulièrement acceptée, la radiation des cadres et la perte de la qualité de fonctionnaire.

2. Comment présenter sa démission ?

La demande doit être écrite.

Elle doit permettre de comprendre sans ambiguïté que le fonctionnaire souhaite cesser définitivement ses fonctions.

Identifier clairement la demande

Il faut indiquer explicitement qu’il s’agit d’une demande de démission.

Proposer une date

Le fonctionnaire peut indiquer la date à laquelle il souhaiterait cesser ses fonctions, mais cette date ne s’impose pas par elle-même à l’administration.

Conseil SNSH : conservez une preuve de la date à laquelle la demande a été reçue par l’établissement.

3. La démission doit-elle être acceptée ?

Oui.

La démission n’a d’effet qu’après acceptation par l’autorité investie du pouvoir de nomination.

La simple transmission d’une lettre de démission ne suffit donc pas à rompre immédiatement le lien avec l’administration.

Tant que la démission n’est pas devenue effective, le fonctionnaire doit continuer à respecter ses obligations de service.

Existe-t-il un délai d’un mois dans la FPH ?

Le Code général de la fonction publique prévoit actuellement expressément un délai d’un mois pour la décision relative à la démission des fonctionnaires territoriaux.

Cette mention n’est pas formulée, dans le texte actuel de l’article L.551-2, comme une règle propre aux fonctionnaires hospitaliers.

Il faut donc être prudent avec les anciennes fiches ou modèles FPH affirmant automatiquement « l’hôpital doit répondre sous un mois ». L’ancienne loi hospitalière de 1986 prévoyait effectivement ce délai, mais elle a été abrogée lors de la codification dans le CGFP.

4. Qui fixe la date effective de la démission ?

C’est l’autorité investie du pouvoir de nomination qui fixe la date à laquelle la démission prend effet.

Le fonctionnaire peut proposer une date dans sa demande, mais il ne peut pas considérer qu’il est automatiquement libéré de ses fonctions à cette date.

Partir avant la date régulièrement fixée peut exposer l’agent à des conséquences disciplinaires ou à une procédure liée à l’absence injustifiée.

5. Peut-on retirer une démission ?

La situation dépend du stade de la procédure.

Avant acceptation

Tant que l’administration n’a pas accepté la démission, la situation doit être examinée au regard de la demande et d’une éventuelle rétractation.

Après acceptation

Le Code général de la fonction publique est explicite : la démission, une fois acceptée, est irrévocable.

Il faut donc éviter d’adresser une démission sous le coup d’une émotion, d’un conflit ou d’une forte pression sans avoir préalablement examiné ses conséquences.

6. Que faire si l’administration refuse la démission ?

Le refus d’accepter la démission ne permet pas au fonctionnaire de quitter immédiatement son poste.

Le CGFP prévoit que, si l’autorité compétente refuse d’accepter la démission, le fonctionnaire peut saisir la commission administrative paritaire.

La CAP émet alors un avis motivé qu’elle transmet à l’autorité compétente.

SNSH : en cas de refus, il faut demander une décision écrite et examiner la situation avant toute cessation unilatérale du service.

7. Qu’est-ce qu’un abandon de poste ?

L’abandon de poste est une situation dans laquelle l’administration considère que le fonctionnaire, par son comportement, a rompu de sa propre initiative le lien qui l’unissait au service.

L’article L.553-1 du Code général de la fonction publique prévoit que le fonctionnaire peut être licencié pour abandon de poste.

Une simple absence injustifiée ne permet pas automatiquement de radier un fonctionnaire pour abandon de poste.

8. La mise en demeure avant radiation pour abandon de poste

La jurisprudence administrative exige une procédure précise.

Avant de prononcer une radiation des cadres pour abandon de poste, l’administration doit adresser au fonctionnaire une mise en demeure.

Cette mise en demeure doit :

  1. Être écrite
    Une simple relance orale ou téléphonique ne suffit pas.
  2. Être régulièrement notifiée
    L’administration doit pouvoir établir que l’agent a été mis en mesure d’en prendre connaissance.
  3. Ordonner la reprise du service
    Elle doit demander clairement à l’agent de rejoindre son poste ou de reprendre ses fonctions.
  4. Fixer un délai approprié
    Le fonctionnaire doit disposer d’un délai réel pour se conformer à la mise en demeure.
  5. Avertir du risque de radiation
    Le courrier doit informer que l’absence de reprise peut conduire à une radiation des cadres.
  6. Préciser l’absence de procédure disciplinaire préalable
    L’agent doit être informé que cette radiation peut intervenir sans bénéficier des garanties de la procédure disciplinaire.
La date limite de reprise doit être postérieure à la notification effective de la mise en demeure. Une mise en demeure reçue après la date fixée pour reprendre le poste ne satisfait pas normalement à cette exigence.

9. Quand une absence n’est-elle pas un abandon de poste ?

Pour que l’administration puisse considérer que l’agent a rompu le lien avec le service, il faut notamment qu’il :

  • n’ait pas repris son service dans le délai fixé ;
  • n’ait pas manifesté son intention de reprendre ;
  • et ne fournisse aucune justification matérielle ou médicale susceptible d’expliquer son absence ou son retard.

Justification médicale

Une situation médicale peut empêcher la qualification d’abandon de poste, selon les circonstances.

Impossibilité matérielle

Une impossibilité réelle de répondre ou de reprendre doit également être prise en compte.

Manifestation d’un lien avec le service

Un agent qui manifeste clairement son intention de rester en lien avec l’administration n’est pas nécessairement dans une logique d’abandon de poste.

Mise en demeure irrégulière

Une procédure défectueuse peut rendre illégale la radiation prononcée.

10. Qu’est-ce que la radiation des cadres ?

La radiation des cadres constate la cessation définitive des fonctions et entraîne la perte de la qualité de fonctionnaire .

Elle ne constitue pas, en elle-même, un synonyme de sanction disciplinaire.

Elle peut résulter de situations juridiques différentes.

Par exemple, une démission régulièrement acceptée entraîne une radiation des cadres sans qu’il y ait pour autant une sanction disciplinaire.

11. Quelles sont les autres causes de radiation des cadres ?

L’article L.550-1 du Code général de la fonction publique énumère les situations de cessation définitive de fonctions entraînant radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire.

Situation Conséquence
Démission régulièrement acceptée Cessation définitive des fonctions
Non-réintégration à l’issue d’une disponibilité Peut conduire à la perte de la qualité de fonctionnaire dans les conditions prévues
Licenciement Radiation des cadres
Révocation Sanction disciplinaire entraînant la perte de la qualité de fonctionnaire
Admission à la retraite Fin définitive de la carrière
Perte de la nationalité française dans les cas prévus Radiation, sous réserve des dispositions légales
Déchéance des droits civiques Perte de la qualité de fonctionnaire
Interdiction judiciaire d’exercer un emploi public Cessation définitive des fonctions
Rupture conventionnelle Depuis la modification du CGFP intervenue en 2026, elle figure également parmi les causes de cessation définitive de fonctions

Démission, abandon de poste ou révocation : ne pas confondre

Démission Abandon de poste Révocation
Origine Demande volontaire de l’agent Rupture du lien avec le service constatée après procédure Décision disciplinaire de l’administration
Conseil de discipline Non Non Oui
Mise en demeure Non Oui Non sous cette forme
Radiation des cadres Oui Oui Oui
Sanction disciplinaire Non Non en tant que telle Oui

Pour les sanctions disciplinaires : sanctions disciplinaires à l’encontre du fonctionnaire hospitalier .

12. Comment contester une radiation des cadres ?

La décision de radiation peut être contestée lorsqu’elle est entachée d’une irrégularité.

En matière d’abandon de poste, il faut notamment vérifier :

  1. L’existence d’une mise en demeure écrite
    Sans mise en demeure régulière, la radiation peut être illégale.
  2. La notification effective
    Il faut vérifier la date à laquelle l’agent a réellement été mis en mesure de prendre connaissance du courrier.
  3. Le délai laissé pour reprendre
    Il doit être approprié et matériellement utilisable.
  4. L’avertissement sur la radiation
    La mise en demeure doit annoncer clairement le risque encouru.
  5. Les justificatifs matériels ou médicaux
    Ils peuvent démontrer que l’agent n’a pas entendu rompre le lien avec le service.
  6. La manifestation d’une volonté de reprendre
    Tout courrier, courriel ou élément montrant que l’agent n’avait pas abandonné son emploi doit être conservé.
Conseil SNSH : en cas de mise en demeure pour abandon de poste, il ne faut pas laisser le courrier sans réponse. Même lorsqu’une reprise immédiate est matériellement ou médicalement impossible, il est essentiel de manifester rapidement son lien avec le service et de fournir les justificatifs disponibles.

Questions fréquentes

Ma lettre de démission suffit-elle pour quitter l’hôpital ?

Non. La démission ne prend effet qu’après son acceptation par l’autorité investie du pouvoir de nomination, à la date fixée par cette autorité.

La démission peut-elle être orale ?

Non. Le CGFP exige une demande écrite exprimant une volonté non équivoque de cesser les fonctions.

Puis-je changer d’avis après acceptation ?

La démission, une fois acceptée, est irrévocable.

L’hôpital doit-il forcément accepter ma démission dans le mois ?

Le CGFP actuel énonce expressément le délai d’un mois pour les fonctionnaires territoriaux. Il ne formule pas cette même précision pour la FPH. Il ne faut donc pas transposer automatiquement cette règle au fonctionnaire hospitalier.

Une absence injustifiée est-elle automatiquement un abandon de poste ?

Non. Avant une radiation pour abandon de poste, l’administration doit notamment adresser une mise en demeure régulière de reprendre le service dans un délai approprié.

Une radiation pour abandon de poste est-elle une sanction disciplinaire ?

Non. Elle repose sur l’idée que l’agent a rompu le lien avec le service. Elle peut intervenir sans procédure disciplinaire préalable, à condition que la procédure de mise en demeure ait été correctement respectée.

Références juridiques principales

Code général de la fonction publique, article L.550-1
Causes de cessation définitive de fonctions entraînant radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire.

Article L.551-1
Démission écrite, volonté non équivoque, acceptation par l’autorité compétente et irrévocabilité après acceptation.

Article L.551-2
Refus de démission, saisine de la CAP et conséquences d’une cessation prématurée des fonctions.

Article L.553-1
Licenciement pour abandon de poste.

Conseil d’État, 26 juin 2026, n°507270
Rappel des conditions de la mise en demeure préalable à une radiation pour abandon de poste, notamment la nécessité d’une notification régulière et d’un délai approprié.

Conseil d’État, 24 avril 2026, n°496481
Confirmation des garanties exigées avant radiation pour abandon de poste.

Vérification juridique : 11 septembre 2026.

Pour aller plus loin

Vous envisagez de démissionner ou vous avez reçu une mise en demeure de reprendre votre poste ?

Avant toute décision définitive, le SNSH CFE-CGC peut vous aider à examiner votre situation, la régularité de la procédure, les conséquences sur votre statut et les recours éventuels.

Contacter le SNSH Adhérer au SNSH