Complément de traitement indiciaire (CTI) dans la FPH : montant, bénéficiaires et retraite

Primes et indemnités · Fonction publique hospitalière

Complément de traitement indiciaire (CTI) dans la FPH : montant, bénéficiaires et retraite

Créé dans le cadre du Ségur de la santé, le complément de traitement indiciaire (CTI) constitue une revalorisation de rémunération de 49 points d’indice majoré pour les agents qui entrent dans son champ. À la valeur actuelle du point d’indice, cela représente 241,22 € brut par mois pour un agent à temps plein.

Fiche juridique SNSH CFE-CGC · vérifiée au 23 septembre 2026
49 points d’indice majoré
241,22 € brut par mois à temps plein
2 894,59 € brut sur une année complète
Retraite prise en compte spécifique pour les fonctionnaires

Le CTI, c’est quoi exactement ?

Le complément de traitement indiciaire a été instauré à partir de 2020 dans le cadre des revalorisations issues du Ségur de la santé.

Pour les fonctionnaires qui remplissent les conditions réglementaires, il ne s’agit pas simplement d’une prime forfaitaire ajoutée au salaire : le CTI correspond à un nombre déterminé de points d’indice majoré venant compléter la rémunération.

Attention au terme « prime Ségur ».
Cette expression est très fréquemment utilisée dans les établissements et sur les bulletins de salaire, mais elle n’est pas juridiquement exacte dans tous les cas. Pour un fonctionnaire bénéficiaire, le dispositif est un complément de traitement indiciaire. Pour un agent contractuel entrant dans le champ du dispositif, il s’agit d’une indemnité équivalente au CTI.

Quel est le montant du CTI en 2026 ?

Le montant réglementaire du CTI est fixé à 49 points d’indice majoré.

La valeur annuelle du traitement correspondant à l’indice majoré 100 est actuellement de 5 907,34 €, soit une valeur mensuelle d’un point d’indice d’environ 4,92278 €.

49 × 4,92278 € = 241,22 € brut / mois pour un agent à temps plein bénéficiant intégralement du CTI
Situation Montant indicatif brut
Temps plein 241,22 € / mois
Année complète à temps plein environ 2 894,59 € / an
Temps de travail réduit lorsque le traitement est proratisé CTI réduit dans les mêmes proportions que le traitement
Plusieurs établissements ou structures Proratisation selon le temps accompli dans les structures ouvrant droit au CTI
Le montant évolue avec la valeur du point d’indice.
Si la valeur du point d’indice de la fonction publique est revalorisée, le montant monétaire correspondant aux 49 points augmente également.

Qui peut bénéficier du CTI dans la Fonction publique hospitalière ?

Le droit au CTI ne dépend pas seulement du métier exercé. Il résulte principalement de la combinaison de plusieurs critères : statut de l’agent, établissement ou structure d’exercice et, dans certains secteurs, fonctions effectivement exercées.

Établissements publics de santé

Les agents remplissant les conditions réglementaires et exerçant dans les établissements publics de santé font partie du cœur historique du dispositif issu du Ségur.

Groupements de coopération sanitaire

Les personnels concernés des groupements de coopération sanitaire entrant dans le champ du décret peuvent également bénéficier du CTI.

EHPAD et secteur médico-social

Le champ du dispositif a été progressivement étendu à différents établissements et services sociaux et médico-sociaux, selon leur statut et les fonctions exercées.

Fonctions socio-éducatives

Certains agents de la FPH exerçant à titre principal des fonctions d’accompagnement socio-éducatif dans les structures prévues par les textes bénéficient également du CTI lorsqu’ils appartiennent aux corps concernés.

Ne raisonnez pas uniquement à partir du métier.
Deux agents exerçant des fonctions proches peuvent relever de situations différentes selon la nature juridique de leur employeur, leur structure d’affectation et le fondement précis ouvrant droit au CTI.

Les ingénieurs, techniciens et personnels scientifiques hospitaliers ont-ils droit au CTI ?

Dans un établissement public de santé entrant dans le champ général du dispositif, le CTI n’est pas réservé aux professions soignantes.

Un ingénieur hospitalier, un technicien hospitalier, un technicien supérieur hospitalier, un personnel administratif, médico-technique, scientifique ou technique peut donc bénéficier du CTI lorsque sa situation relève du champ défini par la loi et le décret.

Le Ségur ne signifie pas « réservé aux soignants ».
Pour les agents d’un établissement public de santé relevant du champ du CTI, l’appartenance à une profession technique, scientifique ou administrative ne constitue pas en elle-même un motif d’exclusion.

Les agents contractuels ont-ils droit au CTI ?

Les agents contractuels de droit public entrant dans le champ du dispositif peuvent également bénéficier de la revalorisation.

Juridiquement, ils ne perçoivent toutefois pas le CTI sous exactement la même forme qu’un fonctionnaire : les textes prévoient une indemnité équivalente au complément de traitement indiciaire.

Fonctionnaire

Versement d’un complément de traitement indiciaire de 49 points d’indice majoré.

Contractuel de droit public

Versement, lorsque les conditions sont remplies, d’une indemnité équivalente au CTI, calculée par référence à la valeur du point d’indice.

L’indemnité équivalente suit l’évolution de la valeur du point d’indice.

CDD ou CDI : le caractère à durée déterminée ou indéterminée du contrat n’est pas, en lui-même, le critère déterminant. Il faut vérifier que l’agent et la structure dans laquelle il exerce relèvent effectivement du champ réglementaire.

Le CTI est-il versé à temps partiel ?

Le décret prévoit que le complément de traitement indiciaire est réduit, le cas échéant, dans les mêmes proportions que le traitement.

Il ne faut donc pas appliquer automatiquement le montant de 241,22 € brut à toutes les situations sans vérifier les règles de rémunération correspondant à la quotité et à la situation de l’agent.

Temps partiel ne signifie pas toujours simple multiplication mécanique.
Pour vérifier une fiche de paie, il faut partir de la quotité effectivement rémunérée et des règles qui s’appliquent au traitement indiciaire de l’agent.

Que se passe-t-il lorsqu’un agent travaille dans plusieurs structures ?

Lorsqu’un agent exerce son activité dans plusieurs structures, le CTI est calculé au prorata du temps accompli dans les structures qui ouvrent effectivement droit à son versement.

Il est donc possible qu’un agent ne bénéficie du CTI que pour une partie de son activité lorsque toutes ses affectations n’entrent pas dans le champ réglementaire.

Le CTI compte-t-il pour la retraite ?

Oui. C’est précisément l’une des différences majeures entre le CTI et de nombreuses primes indemnitaires ordinaires.

La loi prévoit une prise en compte spécifique du complément de traitement indiciaire lors de la liquidation de la pension des fonctionnaires.

Pour un fonctionnaire hospitalier, le CTI peut donc générer un supplément de pension.
Le dispositif ne doit pas être assimilé à une prime classique relevant simplement du régime additionnel de retraite.

Les règles de liquidation tiennent compte du CTI dans des conditions spécifiques prévues par l’article 48 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

Pour une situation de départ à la retraite, il convient néanmoins de vérifier individuellement la durée de perception du CTI, la situation de l’agent et les règles de liquidation applicables.

Le CTI entre-t-il dans le calcul des autres primes ?

Non, pas automatiquement.

Le décret prévoit que le montant du complément de traitement indiciaire est exclu de l’assiette des autres éléments de rémunération calculés en proportion ou en pourcentage du traitement indiciaire.

Autrement dit, l’ajout des 49 points de CTI ne signifie pas que toutes les primes calculées à partir du traitement doivent mécaniquement augmenter.

Le CTI peut-il être supprimé pendant certaines absences ?

Le principe posé par le décret est que le CTI est versé mensuellement et qu’il est réduit dans les mêmes proportions que le traitement lorsque celui-ci est lui-même réduit.

La réponse dépend donc du régime de rémunération applicable pendant l’absence concernée.

Avant d’accepter une suppression totale du CTI sur une fiche de paie, il faut vérifier le fondement de la retenue et la manière dont le traitement indiciaire a lui-même été maintenu ou réduit.

CTI absent ou montant incorrect : que vérifier ?

  1. Vérifier l’employeur et la structure d’affectation.
    L’établissement ou le service doit relever du champ réglementaire applicable.
  2. Vérifier le statut.
    Fonctionnaire et contractuel peuvent relever du dispositif, mais sous des formes juridiques différentes.
  3. Vérifier le montant.
    À temps plein et pour un droit complet, 49 points correspondent actuellement à environ 241,22 € brut mensuels.
  4. Vérifier la quotité de travail.
    Le montant peut être réduit selon les mêmes règles que le traitement.
  5. Vérifier les changements d’affectation.
    Un changement de structure peut avoir une incidence sur l’éligibilité.
  6. Contrôler les bulletins antérieurs.
    En cas d’omission, il faut déterminer depuis quelle date les conditions d’ouverture du droit étaient réunies.
Un établissement ne peut pas créer librement ses propres critères d’attribution du CTI.
Lorsqu’un agent entre dans le champ légal et réglementaire, le versement ne constitue pas une gratification laissée à l’appréciation de l’employeur.

Comment contester l’absence de CTI ?

Si vous estimez remplir les conditions mais que le CTI ou l’indemnité équivalente n’apparaît pas sur votre rémunération, commencez par demander à votre établissement le fondement juridique précis de l’absence de versement.

La demande écrite peut notamment préciser :

  • votre statut ;
  • votre établissement employeur ;
  • votre service ou structure d’affectation ;
  • vos fonctions ;
  • la date de votre affectation ;
  • la période pour laquelle le CTI n’a pas été versé ;
  • les bulletins de rémunération concernés.

En cas de désaccord persistant, une analyse juridique individualisée est recommandée avant toute démarche contentieuse.

Questions fréquentes sur le CTI

Quel est le montant du CTI en 2026 ?

Le CTI correspond à 49 points d’indice majoré, soit actuellement environ 241,22 € brut par mois pour un agent à temps plein bénéficiant du montant complet.

Le CTI et la prime Ségur sont-ils la même chose ?

Dans le langage courant, on parle souvent de « prime Ségur ». Pour les fonctionnaires concernés, la qualification exacte est toutefois complément de traitement indiciaire.

Les contractuels ont-ils droit au CTI ?

Les contractuels de droit public entrant dans le champ réglementaire peuvent bénéficier d’une indemnité équivalente au CTI.

Le CTI est-il réservé aux soignants ?

Non. Dans les établissements et situations entrant dans le champ général du dispositif, des personnels administratifs, techniques, scientifiques, médico-techniques ou autres peuvent également être concernés.

Le CTI compte-t-il pour la retraite ?

Oui. Pour les fonctionnaires, la loi prévoit une prise en compte spécifique du CTI dans la pension.

Le CTI augmente-t-il avec la valeur du point d’indice ?

Oui. Le dispositif étant exprimé en points d’indice, sa valeur en euros évolue lorsque la valeur du point d’indice est modifiée.

Le CTI est-il proratisé lorsque je travaille dans plusieurs structures ?

Oui. Le décret prévoit un calcul au prorata du temps accompli dans les structures ouvrant droit au CTI.

Textes officiels de référence

Loi n° 2020-1576 du 14 décembre 2020 – article 48
Loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 ayant consacré le complément de traitement indiciaire et prévu sa prise en compte pour la retraite.
Décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020
Texte réglementaire relatif au versement du complément de traitement indiciaire à certains agents publics, modifié et étendu à plusieurs reprises.
Décret n° 2022-161 du 10 février 2022
Extension du bénéfice du CTI à certains agents publics.
Décret n° 2022-1497 du 30 novembre 2022
Réorganisation et extension des dispositions relatives au CTI.
Décret n° 2023-519 du 28 juin 2023
Fixe notamment à 5 907,34 € la valeur annuelle du traitement correspondant à l’indice majoré 100, valeur utilisée pour convertir les 49 points de CTI en euros.