Ingénieur biologiste hospitalier : en 2013, le SNSH interpellait déjà la DGOS sur le métier, le grade et la rémunération

Archive SNSH · Métiers scientifiques · Mars 2013

Ingénieur biologiste hospitalier : en 2013, le SNSH interpellait déjà la DGOS sur le métier, le grade et la rémunération

Une ancienne fiche métier du ministère de la Santé décrivait l’« ingénieur biologiste hospitalier » comme un métier de la recherche clinique et lui associait une fourchette de rémunération très large. Le SNSH avait alors demandé sur quelles grilles et quelles données reposaient ces montants.

Article historique enrichi et replacé dans le cadre statutaire applicable en 2026
Archive historique : les liens ministériels et montants figurant dans l’article d’origine datent de 2013. Ils sont conservés pour documenter l’historique du dossier, mais ne doivent pas être lus comme une grille de rémunération applicable en 2026.

En mars 2013, le site du ministère de la Santé répertoriait plus de 200 métiers de la Fonction publique hospitalière. Parmi eux figurait le métier d’« ingénieur biologiste hospitalier », rattaché à la famille des métiers de la recherche clinique.

La fiche indiquait un niveau de recrutement de type bac +5 scientifique ou diplôme d’ingénieur et affichait une rémunération mensuelle brute allant d’environ 2 600 € en début de carrière à 5 830 € en fin de carrière.

Pour le SNSH, cette présentation soulevait immédiatement une question : à quel corps, à quel grade et à quelle grille indiciaire ces montants correspondaient-ils réellement ? Et quelle place était réservée aux titulaires d’un doctorat ?

Ancienne fiche métier du ministère de la Santé consacrée à l’ingénieur biologiste hospitalier en 2013
Capture d’écran historique de la fiche « Ingénieur biologiste hospitalier » publiée par le ministère de la Santé en 2013.

2013 : le SNSH demande à la DGOS de préciser la réalité statutaire derrière le métier

À partir des montants affichés par la fiche ministérielle, le SNSH avait tenté de rapprocher la rémunération annoncée des indices existant alors dans les grilles d’ingénieurs hospitaliers. Cette estimation conduisait à une amplitude très importante, allant de niveaux correspondant à des grades d’ingénieurs confirmés jusqu’aux niveaux hors échelle des ingénieurs en chef.

Ces rapprochements de 2013 ne constituent pas une grille réglementaire. Ils étaient explicitement présentés à l’époque comme une estimation destinée à identifier l’origine de la fourchette publiée par le ministère.

Le SNSH a donc saisi la Mission Études, Impacts Métiers et Masse Salariale (MEIMMS) du ministère de la Santé afin de connaître la ou les grilles indiciaires auxquelles cette fiche métier était censée renvoyer.

La première réponse apportée au SNSH était que « la notion de métier est déconnectée du grade et de la grille indiciaire », et que les montants publiés pouvaient provenir de données observées.

Le SNSH avait alors saisi officiellement Raymond Le Moign, sous-directeur des ressources humaines du système de santé, afin d’obtenir communication de ces données et de comprendre le fondement concret des montants annoncés.

Métier, corps, grade et rémunération : la question posée en 2013 reste essentielle

Le métierDécrit les fonctions réellement exercées : expertise biologique, conception, recherche, analyse, conduite de projets, plateformes ou activités scientifiques.
Le corpsDétermine le statut particulier auquel appartient le fonctionnaire. Dans la FPH, les ingénieurs hospitaliers relèvent aujourd’hui d’un corps de catégorie A à caractère technique et scientifique.
Le gradeSitue l’agent dans son corps et conditionne notamment sa grille indiciaire et ses possibilités d’avancement.
La rémunérationPour un fonctionnaire, elle ne découle pas du seul intitulé de métier : elle dépend du corps, du grade, de l’échelon, de l’indice et des éléments indemnitaires applicables.
Le point de fond soulevé par le SNSH en 2013 était donc pertinent : afficher un « salaire d’ingénieur biologiste hospitalier » sans préciser le statut, le corps, le grade ou le fondement de la rémunération pouvait laisser croire qu’un métier possédait à lui seul une grille salariale propre.

Ce qui a changé depuis 2013 : le corps des ingénieurs hospitaliers a été refondu

Depuis le décret n° 2024-52 du 30 janvier 2024, les ingénieurs hospitaliers constituent un corps de catégorie A à caractère technique et scientifique. Le corps comprend trois grades : ingénieur, ingénieur principal et ingénieur hors classe.

Le statut actuel vise expressément plusieurs domaines qui recouvrent une partie importante des fonctions scientifiques et de recherche :

  • le champ biomédical ;
  • la recherche clinique ;
  • l’informatique, les systèmes d’information et la gestion des données ;
  • les activités techniques et scientifiques ;
  • les missions d’expertise, d’études et de conduite de projets.
En 2026, il faut donc distinguer deux niveaux : la fonction réellement exercée — qui peut relever de la biologie, de la recherche, de la donnée ou de l’expertise scientifique — et le positionnement statutaire de l’agent, qui relève d’un corps, d’un grade et d’un échelon déterminés.

Et les docteurs en sciences ? Une reconnaissance réelle, mais encore partielle

La question posée par le SNSH en 2013 — « Quid des Docteurs en Sciences ? » — a connu plusieurs évolutions importantes.

2013 — le problème est posé.
Les répertoires métiers mentionnent des niveaux bac +5 ou diplômes d’ingénieur, alors que de nombreux docteurs en sciences exercent déjà des fonctions scientifiques de haut niveau à l’hôpital.
2020 — épreuve adaptée au doctorat.
Un arrêté du 13 août 2020 organise une épreuve adaptée permettant aux titulaires d’un doctorat candidats aux concours d’ingénieurs hospitaliers de faire reconnaître les acquis résultant de leur formation à la recherche et par la recherche.
2024–2026 — reconnaissance dans le nouveau statut.
Le décret statutaire des ingénieurs hospitaliers prévoit une bonification d’ancienneté de deux ans pour les agents recrutés par concours externe ayant présenté l’épreuve adaptée aux titulaires d’un doctorat.
Mais le doctorat ne crée pas, à lui seul, un corps ou une grille spécifique dans la FPH. Il peut être reconnu dans les modalités de recrutement et de classement, sans que cette reconnaissance suffise nécessairement à garantir un positionnement professionnel correspondant au niveau réel d’expertise exercé.

C’est précisément l’un des axes historiques de revendication du SNSH : mieux faire correspondre qualification, niveau d’expertise, responsabilités, fonctions exercées, carrière et rémunération.

La question des anciennes fourchettes de rémunération

Les montants de 2 600 € à 5 830 € brut mensuels publiés sur la fiche ministérielle de 2013 doivent aujourd’hui être considérés uniquement comme une donnée historique.

Ils ne peuvent pas servir à déterminer la rémunération actuelle d’un ingénieur hospitalier : les statuts, les grilles indiciaires, la valeur du point et l’architecture des corps ont évolué.

Il serait donc incorrect de reprendre aujourd’hui les anciennes correspondances « IM 540 à IM 1 200 / hors échelle » comme s’il s’agissait d’une grille officielle du métier d’ingénieur biologiste hospitalier.

Pour connaître les rémunérations statutaires actuelles, il faut se reporter aux grilles indiciaires 2026 du corps des ingénieurs hospitaliers.

Pourquoi cet article de 2013 reste important en 2026

Cette archive documente très tôt une difficulté qui reste centrale dans la Fonction publique hospitalière : la différence entre la nomenclature des métiers et la reconnaissance statutaire réelle des agents.

Elle montre que, dès 2013, le SNSH cherchait à obtenir une réponse précise sur :

  • la correspondance entre fonctions scientifiques et corps statutaires ;
  • les grilles réellement utilisées pour rémunérer les personnels ;
  • l’origine des données salariales publiées par l’administration ;
  • la place des docteurs en sciences ;
  • la reconnaissance des fonctions de recherche et d’expertise à l’hôpital.

Treize ans plus tard, plusieurs textes ont évolué, mais la question de fond demeure : un intitulé de métier ne suffit pas à garantir un niveau statutaire ou une rémunération cohérents avec le diplôme, l’expertise et les responsabilités réellement exercées.

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Textes et sources

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Le SNSH CFE-CGC défend la reconnaissance des qualifications, de l’expertise, des responsabilités et des parcours scientifiques dans la Fonction publique hospitalière.

snsh Équipe SNSH CFE-CGC

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