Ingénieur biologiste hospitalier : en 2013, le SNSH interpellait déjà la DGOS sur le métier, le grade et la rémunération
Une ancienne fiche métier du ministère de la Santé décrivait l’« ingénieur biologiste hospitalier » comme un métier de la recherche clinique et lui associait une fourchette de rémunération très large. Le SNSH avait alors demandé sur quelles grilles et quelles données reposaient ces montants.
En mars 2013, le site du ministère de la Santé répertoriait plus de 200 métiers de la Fonction publique hospitalière. Parmi eux figurait le métier d’« ingénieur biologiste hospitalier », rattaché à la famille des métiers de la recherche clinique.
La fiche indiquait un niveau de recrutement de type bac +5 scientifique ou diplôme d’ingénieur et affichait une rémunération mensuelle brute allant d’environ 2 600 € en début de carrière à 5 830 € en fin de carrière.
Pour le SNSH, cette présentation soulevait immédiatement une question : à quel corps, à quel grade et à quelle grille indiciaire ces montants correspondaient-ils réellement ? Et quelle place était réservée aux titulaires d’un doctorat ?
2013 : le SNSH demande à la DGOS de préciser la réalité statutaire derrière le métier
À partir des montants affichés par la fiche ministérielle, le SNSH avait tenté de rapprocher la rémunération annoncée des indices existant alors dans les grilles d’ingénieurs hospitaliers. Cette estimation conduisait à une amplitude très importante, allant de niveaux correspondant à des grades d’ingénieurs confirmés jusqu’aux niveaux hors échelle des ingénieurs en chef.
Le SNSH a donc saisi la Mission Études, Impacts Métiers et Masse Salariale (MEIMMS) du ministère de la Santé afin de connaître la ou les grilles indiciaires auxquelles cette fiche métier était censée renvoyer.
La première réponse apportée au SNSH était que « la notion de métier est déconnectée du grade et de la grille indiciaire », et que les montants publiés pouvaient provenir de données observées.
Le SNSH avait alors saisi officiellement Raymond Le Moign, sous-directeur des ressources humaines du système de santé, afin d’obtenir communication de ces données et de comprendre le fondement concret des montants annoncés.
Métier, corps, grade et rémunération : la question posée en 2013 reste essentielle
Ce qui a changé depuis 2013 : le corps des ingénieurs hospitaliers a été refondu
Depuis le décret n° 2024-52 du 30 janvier 2024, les ingénieurs hospitaliers constituent un corps de catégorie A à caractère technique et scientifique. Le corps comprend trois grades : ingénieur, ingénieur principal et ingénieur hors classe.
Le statut actuel vise expressément plusieurs domaines qui recouvrent une partie importante des fonctions scientifiques et de recherche :
- le champ biomédical ;
- la recherche clinique ;
- l’informatique, les systèmes d’information et la gestion des données ;
- les activités techniques et scientifiques ;
- les missions d’expertise, d’études et de conduite de projets.
Et les docteurs en sciences ? Une reconnaissance réelle, mais encore partielle
La question posée par le SNSH en 2013 — « Quid des Docteurs en Sciences ? » — a connu plusieurs évolutions importantes.
Les répertoires métiers mentionnent des niveaux bac +5 ou diplômes d’ingénieur, alors que de nombreux docteurs en sciences exercent déjà des fonctions scientifiques de haut niveau à l’hôpital.
Un arrêté du 13 août 2020 organise une épreuve adaptée permettant aux titulaires d’un doctorat candidats aux concours d’ingénieurs hospitaliers de faire reconnaître les acquis résultant de leur formation à la recherche et par la recherche.
Le décret statutaire des ingénieurs hospitaliers prévoit une bonification d’ancienneté de deux ans pour les agents recrutés par concours externe ayant présenté l’épreuve adaptée aux titulaires d’un doctorat.
C’est précisément l’un des axes historiques de revendication du SNSH : mieux faire correspondre qualification, niveau d’expertise, responsabilités, fonctions exercées, carrière et rémunération.
La question des anciennes fourchettes de rémunération
Les montants de 2 600 € à 5 830 € brut mensuels publiés sur la fiche ministérielle de 2013 doivent aujourd’hui être considérés uniquement comme une donnée historique.
Ils ne peuvent pas servir à déterminer la rémunération actuelle d’un ingénieur hospitalier : les statuts, les grilles indiciaires, la valeur du point et l’architecture des corps ont évolué.
Pour connaître les rémunérations statutaires actuelles, il faut se reporter aux grilles indiciaires 2026 du corps des ingénieurs hospitaliers.
Pourquoi cet article de 2013 reste important en 2026
Cette archive documente très tôt une difficulté qui reste centrale dans la Fonction publique hospitalière : la différence entre la nomenclature des métiers et la reconnaissance statutaire réelle des agents.
Elle montre que, dès 2013, le SNSH cherchait à obtenir une réponse précise sur :
- la correspondance entre fonctions scientifiques et corps statutaires ;
- les grilles réellement utilisées pour rémunérer les personnels ;
- l’origine des données salariales publiées par l’administration ;
- la place des docteurs en sciences ;
- la reconnaissance des fonctions de recherche et d’expertise à l’hôpital.
Treize ans plus tard, plusieurs textes ont évolué, mais la question de fond demeure : un intitulé de métier ne suffit pas à garantir un niveau statutaire ou une rémunération cohérents avec le diplôme, l’expertise et les responsabilités réellement exercées.
À lire également sur le SNSH
Textes et sources
- Archive SNSH de mars 2013 reproduisant la fiche ministérielle « Ingénieur biologiste hospitalier » et l’interpellation de la MEIMMS / DGOS.
- Décret n° 2024-52 du 30 janvier 2024 portant statut particulier du corps des ingénieurs hospitaliers.
- Article 2 : fonctions exercées par les ingénieurs hospitaliers.
- Article 8 : bonification d’ancienneté liée au doctorat.
- Arrêté du 13 août 2020 relatif à l’épreuve adaptée pour les titulaires d’un doctorat.
Scientifiques, ingénieurs, chercheurs : votre classement doit correspondre à vos fonctions
Le SNSH CFE-CGC défend la reconnaissance des qualifications, de l’expertise, des responsabilités et des parcours scientifiques dans la Fonction publique hospitalière.