Congé de longue maladie dans la FPH : durée, rémunération et droits

Fonction publique hospitalière · Congés pour raison de santé

Congé de longue maladie dans la FPH : durée, rémunération et droits

Conditions médicales, conseil médical, durée maximale de trois ans, plein traitement puis demi-traitement, renouvellement, reprise, contrôles 2026 et différence avec le congé de grave maladie des contractuels.

Fiche juridique SNSH CFE-CGC ✓ Vérifiée et mise à jour au
Réforme 2026 : nouvelles règles applicables depuis le 1er septembre 2026 Le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 a actualisé les règles applicables aux congés de longue maladie et de longue durée : avis d’arrêt de travail, renouvellement, contrôles médicaux, obligations de l’agent et possibilité de suivre certaines actions de formation ou un bilan de compétences pendant le congé sous avis médical favorable.
Mise à jour juridique · 22 septembre 2026 Réforme du 15 octobre 2026 : le CLM n’est pas ramené à un an

Les décrets n° 2026-866 et n° 2026-867 du 16 septembre 2026 réduisent à un an la durée maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières pour certains assurés relevant d’une affection de longue durée sans exonération du ticket modérateur.

Cette réforme ne modifie pas la durée statutaire du congé de longue maladie.

Le CLM du fonctionnaire hospitalier reste fixé à une durée maximale de trois ans.

Il faut distinguer le droit statutaire au congé de longue maladie des prestations d’Assurance maladie versées dans le cadre du régime général.

Fonctionnaire titulaire

Le CLM reste un congé statutaire d’une durée maximale de trois ans, avec une première année à plein traitement puis deux années à demi-traitement.

Contractuel FPH

Le contractuel ne bénéficie pas du CLM, mais peut relever du congé de grave maladie. Celui-ci reste lui aussi fixé à une durée maximale de trois ans lorsque les conditions réglementaires sont réunies.

Pour les contractuels affiliés au régime général, il faut toutefois distinguer le congé statutaire de grave maladie de la durée pendant laquelle l’Assurance maladie peut servir des indemnités journalières.

Le nouveau régime des indemnités journalières s’applique aux arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026 ainsi qu’à certains arrêts en cours, dans les conditions prévues par les textes.

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Durée maximale 3 ans
1re année 100 % du traitement
2 années suivantes 50 % du traitement
Nouvelle ouverture de droits Après 1 an de reprise
01 · Conditions

Quand un fonctionnaire peut-il bénéficier d’un CLM ?

L’article L. 822-6 du Code général de la fonction publique ouvre droit au congé de longue maladie lorsque la maladie :

  • met l’agent dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions ;
  • nécessite un traitement et des soins prolongés ;
  • présente un caractère invalidant ;
  • et une gravité confirmée.
La maladie n’a pas besoin de figurer obligatoirement sur une liste fermée. Il existe une liste indicative de pathologies pouvant ouvrir droit au CLM, mais une affection qui n’y figure pas peut également justifier un CLM après avis du conseil médical.
02 · Statut

Le contractuel n’est pas placé en CLM : il relève du congé de grave maladie

Fonctionnaire titulaire

Il relève du congé de longue maladie – CLM.

  • durée maximale : 3 ans ;
  • 1 an à plein traitement ;
  • 2 ans à demi-traitement ;
  • pas de condition de 3 ans d’ancienneté.

Agent contractuel FPH

Il ne relève pas juridiquement du CLM, mais du congé de grave maladie – CGM.

  • 3 années de services effectifs requises ;
  • emploi continu ;
  • durée maximale : 3 ans ;
  • 1 an à plein traitement ;
  • 2 ans à demi-traitement.
Ne pas écrire qu’un contractuel bénéficie d’un « CLM ». Les durées de rémunération sont proches, mais le fondement juridique, les conditions d’accès et le régime statutaire sont différents.
03 · Durée

Trois ans maximum pour le fonctionnaire

L’article L. 822-7 du CGFP fixe la durée maximale du congé de longue maladie à trois ans.

Rémunération pendant le CLM

1re année

100 % du traitement.

2e et 3e années

50 % du traitement.

Le fonctionnaire conserve en outre la totalité :

  • du supplément familial de traitement ;
  • de l’indemnité de résidence.
Le CGFP prévoit qu’un accord collectif peut permettre de porter la rémunération des deux dernières années de 50 % à 60 %, si un décret en Conseil d’État le prévoit dans ce cadre.

Utilisation continue ou discontinue

Le CLM peut être utilisé de manière continue ou discontinue.

04 · Procédure

Demande, certificat médical et conseil médical

Pour demander un CLM, le fonctionnaire adresse à l’autorité investie du pouvoir de nomination :

  • une demande ;
  • un certificat médical précisant qu’il peut relever d’un CLM.

Le médecin transmet séparément au président du conseil médical un résumé de ses observations et les éléments médicaux nécessaires.

Le conseil médical en formation restreinte est obligatoirement consulté pour l’octroi de la première période de CLM.

Depuis le 1er septembre 2026, cette règle demeure, même si plusieurs formalités de renouvellement ont été simplifiées.

05 · Renouvellement

Des périodes pouvant aller jusqu’à six mois

Depuis la réforme 2026, le CLM peut être accordé ou renouvelé dans la limite de six mois sur présentation de l’avis d’arrêt de travail requis.

Pour le renouvellement, le fonctionnaire transmet un certificat médical précisant que le congé doit être prolongé et indiquant la durée de la prolongation.

Le conseil médical n’est pas saisi pour chaque renouvellement. En revanche, l’administration doit faire examiner le fonctionnaire par un médecin agréé au moins une fois par an.

Le refus de se soumettre à cet examen peut entraîner l’interruption du versement de la rémunération.

06 · Contrôles

Contrôles médicaux renforcés en 2026

Le fonctionnaire bénéficiant d’un CLM doit se soumettre aux visites de contrôle prescrites par le médecin agréé ou le conseil médical.

Le refus peut entraîner :

  • l’interruption de la rémunération ;
  • et, en cas de refus répété et injustifié, la perte du bénéfice du CLM après mise en demeure.
Depuis septembre 2026 Les nouvelles règles issues du décret n° 2026-705 s’appliquent aux congés de santé débutant ou prolongés à compter du 1er septembre 2026.
07 · Activité pendant le congé

Peut-on travailler ou suivre une formation pendant un CLM ?

En principe, le fonctionnaire en CLM doit cesser toute activité rémunérée.

Restent toutefois possibles :

  • les activités ordonnées et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation ;
  • certaines activités accessoires autorisées par le CGFP.
Nouveauté 2026 : formation et bilan de compétences Sous réserve de l’avis favorable d’un médecin agréé, le fonctionnaire en CLM peut désormais demander à réaliser ou poursuivre une action de formation ou un bilan de compétences afin de favoriser sa réadaptation ou sa reconversion professionnelle. L’administration doit se prononcer dans un délai de 30 jours.
08 · Carrière

Ancienneté, avancement et congés annuels

Position d’activité

Le fonctionnaire reste dans une position statutaire ouvrant des droits à carrière selon les règles applicables aux congés pour raison de santé.

Avancement

La période est prise en compte pour les droits à ancienneté et à avancement dans les conditions statutaires.

Congés annuels

Les congés annuels non pris en raison du CLM peuvent bénéficier du mécanisme de report prévu pour les congés de santé.

RTT

Le CLM peut réduire l’acquisition de jours RTT, ceux-ci étant liés à du temps de travail effectif au-delà de la durée réglementaire.

09 · Fin du congé

Reprise des fonctions et nouvelle ouverture de droits

La reprise peut nécessiter l’avis du conseil médical, notamment :

  • à l’expiration des droits à congé ;
  • ou lorsque l’agent exerce des fonctions nécessitant des conditions de santé particulières.

Lorsque la reprise est possible, elle peut également s’accompagner, selon la situation :

  • d’un aménagement de poste ;
  • d’un temps partiel thérapeutique ;
  • d’une procédure de reclassement ;
  • ou d’une période de préparation au reclassement.
Nouveau CLM : après avoir épuisé ses droits à CLM, le fonctionnaire ne peut bénéficier d’un nouveau congé de même nature qu’après avoir repris ses fonctions pendant au moins un an.
Contractuels

Le congé de grave maladie des contractuels FPH

Le contractuel ne relève pas du CLM. L’article 11 du décret n° 91-155 prévoit un congé de grave maladie sous conditions propres.

Conditions

Le contractuel doit :

  • être en activité ;
  • être employé de manière continue ;
  • justifier d’au moins 3 années de services effectifs ;
  • être atteint d’une affection le mettant dans l’impossibilité d’exercer son activité ;
  • nécessitant des soins prolongés ;
  • et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée.

Durée et rémunération

Période Contractuel FPH en congé de grave maladie
1re année 100 % du traitement
2e et 3e années 50 % du traitement
Durée maximale 3 ans

Le congé de grave maladie est accordé par périodes de 3 à 6 mois.

Après épuisement des droits, le contractuel doit avoir repris ses fonctions pendant un an avant de pouvoir bénéficier d’un nouveau congé de grave maladie.

Le conseil médical intervient également pour l’octroi du congé de grave maladie du contractuel. Un contrôle médical peut être réalisé à tout moment.
Important depuis le 15 octobre 2026 : congé de grave maladie et IJSS ne doivent pas être confondus.

Le congé de grave maladie reste fixé à trois ans. En revanche, pour certaines ALD non exonérantes, la durée maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières du régime général peut être limitée à un an.

10 · Établissement

LDG, protocole RH et règles locales

Les LDG ne peuvent pas modifier les droits nationaux au CLM. La durée, les conditions médicales, la rémunération, l’intervention du conseil médical et les règles de renouvellement relèvent des textes nationaux.

Un établissement ne peut donc pas, par une LDG, un protocole RH ou une note interne :

  • réduire la durée maximale de trois ans ;
  • substituer une condition d’ancienneté au fonctionnaire titulaire ;
  • réduire la première année à plein traitement ;
  • supprimer l’intervention du conseil médical lorsqu’elle est obligatoire ;
  • imposer des contrôles non prévus par les textes ;
  • refuser un CLM répondant aux conditions statutaires pour raisons de service.

En revanche, des règles locales peuvent exister

L’établissement peut préciser :

  • le circuit de transmission des demandes ;
  • le service RH compétent ;
  • les modalités pratiques d’organisation des contrôles ;
  • la préparation de la reprise ;
  • les modalités d’accompagnement au reclassement ;
  • et certains éléments indemnitaires lorsqu’un texte national laisse une marge locale.
Pour les primes, il faut vérifier prime par prime. Le maintien ou la réduction d’un élément indemnitaire dépend de son texte propre, de son fait générateur et, le cas échéant, d’un accord ou dispositif local juridiquement autorisé.

Textes officiels de référence