Congé de maladie ordinaire dans la FPH : droits des titulaires et des contractuels

Fonction publique hospitalière · Congés pour raison de santé

Congé de maladie ordinaire dans la FPH : titulaires et contractuels

Durée, rémunération à 90 % ou demi-traitement, jour de carence, arrêt de travail, contrôles médicaux et administratifs, congés annuels et différences entre fonctionnaires et agents contractuels.

Fiche juridique SNSH CFE-CGC ✓ Vérifiée et mise à jour au
Nouvelle réglementation depuis le 1er septembre 2026 Le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 a profondément actualisé les règles applicables aux arrêts pour raison de santé des agents publics. Les nouvelles dispositions concernent notamment la forme et la durée des avis d’arrêt de travail, les règles applicables aux prolongations, les contrôles médicaux et le contrôle administratif de la présence de l’agent pendant son arrêt. Elles concernent également les agents contractuels de la FPH.
Mise à jour juridique · 22 septembre 2026 Arrêts maladie longs et ALD : ce qui change au 15 octobre 2026

Les décrets n° 2026-866 et n° 2026-867 du 16 septembre 2026 modifient les règles de durée maximale de versement des indemnités journalières pour certains arrêts de longue durée.

ALD exonérante

Pour les assurés bénéficiant de l’exonération du ticket modérateur dans les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale, la durée maximale dérogatoire d’indemnisation reste fixée à trois ans.

ALD non exonérante

Pour certaines affections relevant de l’article L. 324-1 du Code de la sécurité sociale sans exonération du ticket modérateur, la durée maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières passe de trois ans à un an.

Attention : cette réforme ne ramène pas le CMO, le CLM, le CLD ou le congé de grave maladie à un an.

Pour le fonctionnaire hospitalier, les durées statutaires des congés pour raison de santé restent distinctes des indemnités journalières du régime général.

Pour le contractuel FPH, il faut distinguer les prestations versées par l’Assurance maladie des droits statutaires prévus par le décret n° 91-155, notamment le congé de grave maladie.

Le nouveau dispositif s’applique aux arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026, ainsi qu’aux arrêts en cours à cette date pour une incapacité de travail atteignant six mois à compter de cette date.

Les anciennes règles continuent toutefois de s’appliquer jusqu’au terme de la période maximale de trois ans pour certains assurés qui, au 15 octobre 2026, bénéficiaient déjà de la procédure prévue à l’article L. 324-1 sans exonération du ticket modérateur.

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Titulaire 12 mois maximum
Titulaire 3 mois à 90 %
Transmission arrêt 48 heures
Principe 1 jour de carence
01 · Congé pour raison de santé

Quand un agent est-il placé en congé de maladie ordinaire ?

Lorsqu’une maladie ou un accident non imputable au service met l’agent dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions, celui-ci peut être placé en congé de maladie.

Pour le fonctionnaire hospitalier, le placement en congé de maladie est de droit dès lors que la maladie est dûment constatée et qu’elle l’empêche d’exercer ses fonctions.

Lorsqu’un accident ou une maladie est imputable au service, il ne faut en revanche pas appliquer automatiquement le régime du CMO : le fonctionnaire peut relever du CITIS et le contractuel du régime spécifique de l’accident du travail ou de la maladie professionnelle.

02 · Différence essentielle

Titulaire et contractuel : les droits ne sont pas identiques

Fonctionnaire titulaire

Jusqu’à 12 mois

Le fonctionnaire peut bénéficier, sur une période de douze mois consécutifs :

  • 3 mois à 90 % du traitement ;
  • puis 9 mois à 50 %.

Il n’existe pas de condition minimale de quatre mois d’ancienneté.

Agent contractuel

Droits liés à l’ancienneté

Le maintien de rémunération dépend du nombre d’années de services :

  • à partir de 4 mois ;
  • droits renforcés après 2 ans ;
  • maximum après 3 ans.

Avant quatre mois, le congé est en principe non rémunéré par l’établissement.

Situation Fonctionnaire titulaire Contractuel FPH
Ancienneté minimale Aucune pour l’ouverture du CMO 4 mois pour bénéficier d’un congé rémunéré
Durée maximale du congé 12 mois sur 12 mois consécutifs 12 mois consécutifs, ou période de 300 jours de services effectifs en cas de services discontinus
90 % 3 mois Dépend de l’ancienneté
Demi-traitement 9 mois Dépend de l’ancienneté
IJ de Sécurité sociale Régime statutaire du fonctionnaire hospitalier Oui, selon les règles du régime général, avec coordination avec le traitement versé par l’établissement
Jour de carence Oui, sauf exception légale Oui, sauf exception légale
03 · Fonctionnaire

Droits du fonctionnaire titulaire

L’article L. 822-2 du Code général de la fonction publique permet au fonctionnaire de bénéficier d’un congé de maladie d’une durée totale maximale de un an pendant une période de douze mois consécutifs.

Rémunération du titulaire

3 premiers mois

90 % du traitement.

9 mois suivants

50 % du traitement.

Le supplément familial de traitement et l’indemnité de résidence sont maintenus en totalité pendant les périodes à 90 % et à demi-traitement.

Depuis le 1er mars 2025 : 90 % au lieu de 100 % Avant la réforme issue de la loi de finances pour 2025, les trois premiers mois de CMO étaient rémunérés à plein traitement. Depuis le 1er mars 2025, le fonctionnaire ne perçoit plus que 90 % de son traitement pendant cette première période.
04 · Contractuel

Le contractuel FPH : des droits progressifs selon l’ancienneté

Le régime est différent de celui du fonctionnaire titulaire. L’article 10 du décret n° 91-155 du 6 février 1991 fixe les périodes de rémunération en fonction de l’ancienneté de l’agent.
Ancienneté Rémunération à 90 % Demi-traitement
Moins de 4 mois Pas de maintien statutaire de rémunération par l’établissement. Congé de maladie non rémunéré, sous réserve des IJ de Sécurité sociale.
Après 4 mois de services 1 mois 1 mois
Après 2 ans de services 2 mois 2 mois
Après 3 ans de services 3 mois 3 mois
Attention : le contractuel n’a donc pas automatiquement droit à 3 mois à 90 % puis 9 mois à demi-traitement. Cette règle appartient au régime du fonctionnaire titulaire.

Et après épuisement des droits rémunérés ?

Lorsque les périodes à 90 % puis à demi-traitement sont épuisées, l’établissement ne maintient plus la rémunération statutaire au titre de l’article 10.

L’agent peut toutefois continuer à percevoir les indemnités journalières de l’Assurance maladie s’il en remplit les conditions.

Depuis le 15 octobre 2026, la durée maximale d’indemnisation n’est plus nécessairement de trois ans.

Pour certaines affections de longue durée relevant de l’article L. 324-1 du Code de la sécurité sociale sans exonération du ticket modérateur, la période maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières est limitée à un an.

Cette évolution concerne les IJSS et ne modifie pas en elle-même les durées statutaires de congé prévues par le décret n° 91-155.

Coordination avec les IJSS

Le contractuel relève également du régime général de la Sécurité sociale.

Les indemnités journalières versées par la CPAM sont prises en compte dans le calcul de la rémunération maintenue par l’établissement : elles ne se cumulent donc pas intégralement avec 90 % ou 50 % du traitement.

05 · Premier jour

Le jour de carence

En principe, le premier jour d’un congé de maladie d’un agent public n’est pas rémunéré.

Le jour de carence connaît toutefois plusieurs exceptions prévues par la loi.

Il ne s’applique notamment pas :

  • au deuxième arrêt pour la même cause lorsque la reprise entre les deux arrêts n’a pas dépassé 48 heures ;
  • aux congés relevant du CITIS, de l’accident du travail ou de la maladie professionnelle ;
  • au CLM, au CLD et au congé de grave maladie ;
  • aux arrêts postérieurs au premier arrêt concernant la même affection de longue durée, pendant une période de trois ans ;
  • aux arrêts intervenant après déclaration de grossesse et avant le congé de maternité ;
  • dans certaines situations liées au décès d’un enfant ;
  • dans les situations prévues après interruption spontanée ou médicale de grossesse.
06 · Formalités

L’arrêt doit être transmis dans les 48 heures

Le fonctionnaire hospitalier doit adresser son avis d’interruption de travail à l’autorité dont il relève dans un délai de 48 heures suivant son établissement.

Depuis septembre 2026, l’avis doit respecter les nouvelles règles communes relatives aux arrêts de travail, notamment celles issues du Code de la sécurité sociale.

Nouveauté septembre 2026 Les règles relatives aux certificats d’arrêt sécurisés, à la durée maximale pouvant être prescrite et aux conditions de prolongation sont désormais appliquées aux agents publics.

Ces modalités sont également applicables au contractuel FPH par renvoi de l’article 10 du décret n° 91-155.

07 · Réforme 2026

Contrôle médical et nouveau contrôle administratif

Contrôle médical

L’établissement peut faire examiner le fonctionnaire par un médecin agréé à tout moment.

Un contrôle médical est en outre obligatoire au moins une fois après une période de six mois consécutifs de CMO.

Le refus de se soumettre au contrôle peut entraîner l’interruption du versement de la rémunération.

Contrôle administratif au domicile

Nouveau depuis le 1er septembre 2026 L’établissement peut désormais faire contrôler la présence de l’agent à son domicile ou à son lieu de repos par une personne habilitée.

Ce contrôle peut intervenir :

  • lorsque les sorties ne sont pas autorisées ;
  • ou pendant les heures de présence obligatoire prévues par les règles applicables aux arrêts de travail.

Une absence injustifiée ou un refus du contrôle peut entraîner l’interruption de la rémunération jusqu’à la fin de l’arrêt.

Les contractuels sont eux aussi concernés. Le décret n° 2026-705 étend expressément les nouvelles dispositions de contrôle administratif aux contractuels hospitaliers placés en congé de maladie, grave maladie ou accident du travail / maladie professionnelle.
08 · Rémunération

Traitement, NBI, CTI et primes : ne pas tout confondre

Traitement indiciaire du titulaire

Le régime national est clair :

  • 90 % pendant trois mois ;
  • 50 % pendant les neuf mois suivants.

Indemnité de résidence et SFT

Ils restent versés à 100 % pendant le CMO du fonctionnaire.

Nouvelle bonification indiciaire – NBI

Lorsqu’elle est due, la NBI est maintenue pendant le congé de maladie dans les mêmes proportions que le traitement.

Complément de traitement indiciaire – CTI

Le CTI est lui aussi réduit dans les mêmes proportions que le traitement lorsque l’absence entraîne une réduction de celui-ci.

Attention aux primes et indemnités.

Dans la FPH, il n’existe pas une règle unique permettant d’affirmer que toutes les primes sont systématiquement maintenues à 90 % puis 50 %.

Il faut examiner le texte instituant chaque prime, son fait générateur et, lorsqu’une marge locale existe, le dispositif applicable dans l’établissement.

Certaines indemnités sont liées :

  • à l’exercice effectif de fonctions particulières ;
  • aux sujétions réellement supportées ;
  • au travail de nuit ;
  • aux dimanches et jours fériés ;
  • aux astreintes ;
  • aux heures supplémentaires ;
  • ou à l’atteinte de résultats ou objectifs.

Leur versement pendant un arrêt ne peut donc être déterminé qu’après examen de leur fondement réglementaire.

09 · Effets du congé

Ancienneté, carrière, congés annuels et RTT

Carrière du fonctionnaire

Le fonctionnaire reste en position d’activité. Le congé de maladie est pris en compte pour ses droits à ancienneté et à avancement.

Ancienneté du contractuel

Les périodes de congé de maladie sont prises en compte, dans les conditions statutaires, pour certains droits liés à l’ancienneté, à la formation et aux concours internes.

Congés annuels

Une maladie ayant empêché l’utilisation des congés annuels ouvre droit aux mécanismes de report prévus par la réglementation.

RTT

Les absences pour maladie peuvent réduire le nombre de jours RTT, puisque ces jours sont liés au dépassement de la durée réglementaire de travail.

10 · Après le CMO

Que se passe-t-il lorsque l’arrêt se prolonge ?

Une maladie longue ne doit pas nécessairement rester traitée comme un simple CMO.

Lorsque les conditions sont réunies, le fonctionnaire peut relever :

  • du congé de longue maladie – CLM ;
  • du congé de longue durée – CLD ;
  • du CITIS si l’affection est imputable au service ;
  • du temps partiel thérapeutique ;
  • ou, selon la situation, d’une procédure de reclassement.
Pour le contractuel, le régime correspondant au CLM est le congé de grave maladie, et non le CLM du fonctionnaire.

Le congé de grave maladie reste un régime statutaire distinct pouvant atteindre trois ans lorsque les conditions prévues par le décret n° 91-155 sont réunies.

La réforme des indemnités journalières applicable au 15 octobre 2026 ne ramène donc pas ce congé à une durée maximale d’un an.

11 · Établissement

LDG, règlement intérieur et règles locales

Les droits fondamentaux au CMO ne peuvent pas être modifiés par les lignes directrices de gestion.

La durée du congé, les taux de 90 % et 50 %, les conditions d’ancienneté des contractuels, le jour de carence et les contrôles prévus par les textes relèvent du droit national.

Une LDG, une note RH, un protocole local ou une règle de service ne peut donc pas :

  • réduire les douze mois de droits statutaires du fonctionnaire ;
  • modifier les taux de rémunération fixés par la loi ;
  • ajouter une condition d’ancienneté au fonctionnaire titulaire ;
  • supprimer les droits reconnus au contractuel par le décret n° 91-155 ;
  • ajouter un jour de carence supplémentaire ;
  • supprimer une exception légale au jour de carence ;
  • imposer des modalités de contrôle contraires aux textes nationaux.

En revanche, des règles locales peuvent exister sur certains points

L’établissement peut notamment préciser :

  • le circuit de transmission de l’arrêt de travail ;
  • l’interlocuteur RH compétent ;
  • les modalités pratiques de reprise ;
  • la procédure interne de contrôle administratif ;
  • ou certaines modalités relatives au régime indemnitaire lorsqu’un texte laisse effectivement une marge d’appréciation locale.
Point SNSH : une règle locale concernant une prime ne peut être appréciée isolément. Il faut toujours vérifier le décret ou l’arrêté national créant cette prime avant de conclure que l’établissement peut la suspendre ou la réduire pendant un CMO.

Textes officiels de référence