Congé de solidarité familiale dans la Fonction publique hospitalière : accompagner un proche en fin de vie

Fonction publique hospitalière · Aidants et fin de vie

Congé de solidarité familiale : accompagner un proche en fin de vie

Bénéficiaires, durée, congé continu ou fractionné, temps partiel, allocation journalière AJAP, contractuels, carrière, fin du congé et garanties dans l’emploi.

Fiche juridique SNSH CFE-CGC ✓ Vérifiée au
Évolution réglementaire depuis le 22 février 2026 Le décret n° 2013-67 précise désormais explicitement que, pendant le congé de solidarité familiale, le fonctionnaire reste affecté dans son emploi. Pour un fonctionnaire hospitalier dont l’emploi serait supprimé, les garanties de réaffectation prévues par le Code général de la fonction publique demeurent applicables.
Congé continu 3 mois renouvelables 1 fois
Durée maximale 6 mois
Congé fractionné 7 jours minimum
Temps partiel 50 à 80 %
01 · Droit statutaire

Qui peut bénéficier du congé de solidarité familiale ?

Le congé de solidarité familiale est prévu par les articles L. 633-1 à L. 633-4 du Code général de la fonction publique.

Le fonctionnaire en activité ou en détachement y a droit lorsqu’il accompagne :

  • un ascendant ;
  • un descendant ;
  • un frère ou une sœur ;
  • une personne partageant le même domicile ;
  • ou une personne qui l’a désigné comme sa personne de confiance au sens de l’article L. 1111-6 du Code de la santé publique.
Il ne faut donc pas limiter ce droit au conjoint ou aux parents. La loi vise une liste plus large de personnes accompagnées.
02 · État de santé du proche

Dans quelles situations le congé est-il ouvert ?

La personne accompagnée doit :

  • souffrir d’une pathologie mettant en jeu le pronostic vital ;
  • ou être en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable , quelle qu’en soit la cause.
À distinguer du congé de proche aidant. Le congé de solidarité familiale vise spécifiquement l’accompagnement d’une personne en fin de vie ou dont le pronostic vital est engagé. Le congé de proche aidant répond à un champ différent : handicap ou perte d’autonomie du proche.
03 · Organisation

Le congé peut être pris sous trois formes

1. Congé continu

Une période continue d’une durée maximale de 3 mois, renouvelable une fois.

Durée totale maximale : 6 mois.

2. Congé fractionné

Par périodes d’au moins 7 jours consécutifs.

La durée cumulée ne peut excéder 6 mois.

3. Temps partiel

L’agent peut demander un service à :

50 %, 60 %, 70 % ou 80 % .

Pour 3 mois maximum, renouvelables une fois.

Le choix de la forme du congé appartient à l’agent dans le cadre prévu par le décret. L’établissement ne peut pas imposer une autre modalité au seul motif des nécessités de service.
04 · Démarches

Comment demander le congé de solidarité familiale ?

L’agent doit présenter une demande écrite à son établissement.

Elle doit être accompagnée d’une attestation établie par le médecin de la personne accompagnée.

L’attestation médicale doit confirmer :

  • soit que le pronostic vital est engagé ;
  • soit que la personne est en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable.

La demande précise également

Selon la modalité choisie :

  • la date de début ;
  • la durée souhaitée ;
  • les périodes de fractionnement ;
  • ou la quotité de temps partiel demandée.
L’administration ne peut pas refuser le congé. Lorsque les conditions légales sont remplies, il s’agit d’un droit et non d’une autorisation accordée selon les nécessités de service.

Service-Public met à disposition un modèle officiel de demande pour les trois situations : congé continu, congé fractionné ou temps partiel.

05 · Allocation

Le congé est non rémunéré, mais une AJAP peut être versée

L’article L. 633-3 du Code général de la fonction publique précise que le congé de solidarité familiale n’est pas rémunéré.

Allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie – AJAP

64,93 € brut / jour En cas d’interruption complète d’activité.

21 jours maximum.
32,47 € brut / jour En cas de travail à temps partiel.

42 jours maximum.

Ces montants sont ceux publiés par l’administration au 24 juin 2026.

L’AJAP ne couvre pas nécessairement toute la durée du congé. Un congé de solidarité familiale peut aller jusqu’à six mois, alors que l’allocation est limitée à 21 jours en cessation complète d’activité ou 42 jours en temps partiel.

Plusieurs accompagnants

Lorsque plusieurs personnes accompagnent le même proche et sollicitent l’AJAP, le nombre total d’allocations journalières est partagé entre les bénéficiaires dans la limite réglementaire.

06 · Situation administrative

Quels effets sur la carrière ?

Services effectifs

Le congé est assimilé à une période de service effectif.

Ancienneté

Il est pris en compte pour les droits liés à l’ancienneté dans les conditions prévues par les textes.

Congés annuels

Il ne peut pas être imputé sur la durée des congés annuels.

Droits acquis

L’agent conserve les droits acquis avant le début du congé qu’il n’a pas pu exercer en raison de celui-ci.

RTT : le congé de solidarité familiale n’est pas assimilé à du temps de travail effectif pour l’acquisition de jours RTT.
07 · Fin du congé

Quand le congé prend-il fin ?

Le congé prend fin :

  • à l’expiration de sa durée maximale ;
  • dans les trois jours suivant le décès de la personne accompagnée ;
  • ou à la demande de l’agent avant la date initialement prévue.
Particularité FPH : lorsque l’agent souhaite mettre fin au congé avant son terme, la date prévisible de retour doit être fixée avec un préavis de trois jours francs.
08 · Contractuels

Les agents contractuels FPH ont-ils droit au même congé ?

Oui.

Les agents contractuels de la Fonction publique hospitalière peuvent bénéficier du congé de solidarité familiale dans les conditions prévues par le décret n° 91-155 et le décret n° 2013-68 du 18 janvier 2013.

Le congé est également non rémunéré.

Il peut être pris :

  • de façon continue ;
  • de façon fractionnée ;
  • ou sous forme d’une réduction d’activité à temps partiel.
Aucune condition générale d’un an d’ancienneté n’est à ajouter pour ce congé. Il ne faut donc pas transposer au congé de solidarité familiale la condition prévue, par exemple, pour le congé parental des contractuels.
09 · Garantie d’emploi

Une garantie renforcée depuis février 2026

Le fonctionnaire reste affecté dans son emploi Depuis le 22 février 2026, l’article 3-1 du décret n° 2013-67 indique expressément que le fonctionnaire bénéficiaire du congé de solidarité familiale reste affecté dans son emploi.

Pour un fonctionnaire hospitalier, si cet emploi est supprimé pendant le congé, les dispositions du CGFP relatives à la réaffectation des fonctionnaires hospitaliers dont l’emploi est supprimé continuent de s’appliquer.

Le congé ne doit donc pas devenir un prétexte pour évincer l’agent de son emploi.
10 · Établissement

LDG, protocole local et règles d’établissement

Le congé de solidarité familiale ne relève pas d’un pouvoir de modulation par les LDG.

Ses bénéficiaires, sa durée, ses modalités, son caractère de droit et ses effets sont fixés par les textes nationaux.

Une LDG, une note de service, un règlement intérieur ou un protocole RH ne peut donc pas :

  • refuser le congé pour nécessités de service ;
  • réduire la durée maximale de trois mois renouvelable une fois ;
  • interdire le fractionnement prévu par le décret ;
  • supprimer l’accès au temps partiel ;
  • imposer une condition d’ancienneté non prévue par les textes ;
  • imputer ce congé sur les congés annuels ;
  • écarter les garanties relatives au maintien ou à la réaffectation dans l’emploi.

En revanche, l’établissement peut organiser :

  • le circuit de dépôt de la demande ;
  • les modalités de transmission du certificat médical ;
  • l’identification de l’interlocuteur RH ;
  • l’organisation du remplacement ;
  • la préparation du retour de l’agent.
Une règle locale peut organiser l’exercice du droit, mais elle ne peut pas le rendre moins favorable que le droit national.
À ne pas confondre

Solidarité familiale, proche aidant et présence parentale

Dispositif Situation principale
Congé de solidarité familiale Accompagnement d’une personne dont le pronostic vital est engagé ou en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable.
Congé de proche aidant Accompagnement d’un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie.
Congé de présence parentale Enfant à charge dont l’état de santé nécessite une présence soutenue et des soins contraignants.

Textes officiels de référence