Décret 2026-705 : ce qui change pour les arrêts maladie dans la FPH

Congés pour raison de santé · Réforme 2026

Décret n° 2026-705 : ce qui change pour les arrêts maladie dans la FPH

Contrôle au domicile, prescription des arrêts, temps partiel thérapeutique, formation pendant un congé, téléconsultation et nouvelles obligations : le décret du 29 juillet 2026 modifie en profondeur la gestion administrative des congés pour raison de santé des agents publics.

Journal officiel du 31 juillet 2026 Fonctionnaires et contractuels FPH Mise à jour : 22 septembre 2026
Article vérifié et actualisé le 22 septembre 2026 · intégration des décrets n° 2026-866 et 2026-867 relatifs aux arrêts maladie longs.

Le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel du 31 juillet 2026, réforme plusieurs modalités de gestion des congés pour raison de santé des agents publics.

Il ne réduit pas les durées statutaires du CMO, du CLM ou du CLD et ne modifie pas, à lui seul, leurs taux de rémunération.

Il modifie en revanche les règles de contrôle, de prescription, de temps partiel thérapeutique et d’accompagnement des agents, avec des conséquences financières potentiellement importantes en cas de non-respect des nouvelles obligations.

Fonctionnaires comme agents contractuels de la Fonction publique hospitalière sont concernés.

TPT

Nouvelles garanties depuis le 1er août 2026.

Contrôle

Contrôle administratif possible au domicile depuis septembre 2026.

Formation

Formation et bilan de compétences possibles sous conditions médicales.

Contractuels

Plusieurs nouvelles règles leur sont également applicables.

Mise à jour importante · septembre 2026 Une nouvelle réforme des arrêts maladie longs entre en vigueur le 15 octobre 2026

Depuis la publication initiale du décret 2026-705, deux nouveaux textes ont été publiés : les décrets n° 2026-866 et n° 2026-867 du 16 septembre 2026.

Ils concernent cette fois la durée maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières pour certains arrêts de longue durée.

ALD exonérante concernée

La durée maximale dérogatoire d’indemnisation reste fixée à trois ans.

Certaines ALD non exonérantes

La durée maximale dérogatoire de versement des indemnités journalières passe de trois ans à un an.

Cette nouvelle limite d’un an ne remplace pas les congés statutaires de la FPH. Le CMO, le CLM, le CLD et le congé de grave maladie des agents contractuels conservent leurs durées réglementaires propres.
Lire notre analyse de la réforme du 15 octobre 2026 →
Temps partiel thérapeutique

De nouvelles garanties depuis le 1er août 2026

Les nouvelles règles du temps partiel pour raison thérapeutique s’appliquent aux autorisations accordées ou prolongées à compter du 1er août 2026.

Un délai de réponse encadré

Lorsque la demande intervient à l’occasion d’une reprise après un CLM, un CLD, un CITIS ou une disponibilité pour raison de santé, la décision doit intervenir au plus tard le jour de la reprise.

30 jours dans les autres situations

Hors de ces situations, l’administration dispose d’un délai maximal de trente jours à compter de la réception de la demande.

Tout refus doit être motivé

Le refus d’une première demande, d’un renouvellement ou l’interruption du TPT à l’initiative de l’administration doit être motivé.

Entretien préalable

Lorsque le refus est fondé sur les nécessités de continuité ou de fonctionnement du service, un entretien préalable doit être organisé. L’agent peut y être assisté par la personne de son choix.

En cas de motif médical un refus ou une interruption ne peut intervenir sans l’avis préalable d’un médecin agréé.

Le contrôle systématique par un médecin agréé au-delà de trois mois de temps partiel thérapeutique est supprimé.

L’administration conserve toutefois la possibilité de demander un examen médical à tout moment, y compris lors de l’examen de la première demande.

Contestation : certaines voies de recours ont été simplifiées. Le décret supprime notamment le recours au conseil médical supérieur lorsque l’avis du conseil médical concorde avec les conclusions du médecin agréé.
Contrôle administratif

Un contrôle au domicile désormais possible

Pour les congés concernés débutant ou prolongés à compter du 1er septembre 2026, l’établissement peut faire procéder au contrôle administratif de l’arrêt de travail.

Ce contrôle peut être effectué par toute personne dûment habilitée.

Le décret ne définit pas précisément le statut de cette personne. Il ne précise ni la procédure d’habilitation ni les catégories professionnelles susceptibles d’assurer ce contrôle.

Le contrôle porte sur la présence de l’agent :

  • à son domicile ou à son lieu de repos ;
  • lorsque les sorties ne sont pas autorisées ;
  • ou pendant les heures de présence obligatoire prévues par la réglementation de l’Assurance maladie.
Absence injustifiée ou refus du contrôle : la sanction peut être lourde. Le versement de la rémunération peut être interrompu jusqu’à la date de fin de l’arrêt concerné.
Et les droits à congé ? La période pendant laquelle la rémunération est interrompue continue à compter dans la durée du congé en cours. Autrement dit, l’agent peut perdre sa rémunération tout en continuant à consommer ses droits à congé.
Prescription

Les arrêts sont davantage alignés sur les règles du régime général

Le décret renvoie désormais plus largement aux règles du Code de la sécurité sociale pour plusieurs modalités relatives aux arrêts de travail.

Formulaire d’arrêt

Les règles relatives à l’avis d’arrêt de travail sont alignées sur les exigences du régime général.

Durée de prescription

Les règles relatives à la durée maximale pouvant être prescrite sont désormais intégrées au dispositif applicable aux agents publics.

Prolongation

La prolongation d’un arrêt doit respecter les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale.

Présence obligatoire

Les plages de présence retenues pour le contrôle renvoient également aux règles du régime général.

Attention à la prolongation par un autre médecin En principe, la prolongation doit être prescrite par le médecin ayant établi l’arrêt initial ou par le médecin traitant, sous réserve des exceptions prévues en cas d’impossibilité justifiée.
Réadaptation / reconversion

Formation et bilan de compétences pendant certains congés

Depuis le 1er septembre 2026, un fonctionnaire placé dans certains congés pour raison de santé peut demander à réaliser ou poursuivre :

  • une action de formation ;
  • un bilan de compétences.

L’objectif doit être de favoriser sa réadaptation ou sa reconversion professionnelle.

Condition préalable : l’avis favorable d’un médecin agréé est nécessaire. L’administration dispose ensuite d’un délai de trente jours pour se prononcer.

Cette évolution ouvre une possibilité intéressante pour les agents dont la situation de santé impose d’envisager une évolution professionnelle, un changement de fonctions ou un reclassement.

Examens médicaux

Certains examens médicaux peuvent être réalisés à distance

Le décret permet également le recours à des examens médicaux à distance, dans les conditions prévues par le Code de la santé publique.

Cette évolution vise notamment à faciliter l’organisation des expertises médicales dans les territoires où l’accès à un médecin agréé peut être difficile.
Contractuels FPH

Les agents contractuels sont également concernés

Le décret modifie également plusieurs dispositions applicables aux agents contractuels de la Fonction publique hospitalière.

Contrôle médical

Un médecin agréé peut contrôler l’agent à tout moment pendant un congé de maladie, de grave maladie, d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Refus du contrôle

Le refus de se soumettre au contrôle peut entraîner l’interruption du versement de la rémunération.

Prescription et prolongation

Les nouvelles règles relatives aux arrêts de travail s’appliquent également aux contractuels dans les conditions prévues par le décret.

Congés statutaires distincts

Le contractuel ne bénéficie pas du CLM ou du CLD du fonctionnaire. Il relève notamment, sous conditions, du congé de grave maladie.

Depuis le 15 octobre 2026, il faut aussi distinguer congé statutaire et IJSS. Le congé de grave maladie peut toujours atteindre trois ans, mais la durée maximale de certaines indemnités journalières du régime général est désormais limitée à un an pour certaines ALD non exonérantes.
Calendrier

Trois dates à retenir

1er août 2026
Temps partiel thérapeutique

Entrée en vigueur des nouvelles règles relatives au TPT et de plusieurs dispositions relatives aux examens médicaux.

1er septembre 2026
Congés pour raison de santé

Application des nouvelles règles concernant notamment le contrôle administratif, certaines modalités de prescription et de renouvellement, les contrôles médicaux et les possibilités de formation ou de reconversion.

15 octobre 2026
Arrêts maladie longs

Entrée en application des décrets 2026-866 et 2026-867 réduisant à un an la durée maximale dérogatoire d’indemnisation de certaines ALD non exonérantes.

Synthèse

Ce qui change — et ce qui ne change pas

Mesure Avant Depuis la réforme
Contrôle administratif Dispositif plus limité Contrôle possible au domicile ou lieu de repos par une personne habilitée
Refus du contrôle Régimes de contrôle distincts Risque d’interruption de la rémunération jusqu’à la fin de l’arrêt
TPT Procédure plus lourde Délais encadrés, motivation du refus et contrôle systématique au-delà de trois mois supprimé
Formation pendant le congé Possibilités plus limitées Formation ou bilan possibles sous conditions médicales
CMO / CLM / CLD Durées statutaires propres Pas de réduction générale de leur durée
IJSS de certaines ALD non exonérantes Jusqu’à 3 ans Jusqu’à 1 an à compter du 15 octobre 2026 dans les situations concernées

Ce qu’il faut retenir

  • Le décret 2026-705 ne supprime pas les CMO, CLM ou CLD et ne réduit pas leurs durées statutaires.
  • Il renforce en revanche les possibilités de contrôle des arrêts maladie.
  • Une absence injustifiée ou un refus du contrôle administratif peut désormais avoir une conséquence financière immédiate.
  • Le temps partiel thérapeutique bénéficie de garanties procédurales renforcées depuis le 1er août 2026.
  • La formation et la reconversion pendant certains congés sont davantage facilitées.
  • Depuis les décrets des 16 septembre 2026, il faut désormais distinguer encore plus clairement durée du congé statutaire et durée d’indemnisation par l’Assurance maladie.

Textes officiels

Vérification juridique : 22 septembre 2026.

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snsh Équipe SNSH CFE-CGC

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